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les carnets de violette
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9 février 2011

Noir, Blanc, Rouge

Khmers Rouges. Un nom que tout le monde connait ici. Ceux qui parlent francais encore mieux que les autres : ils les ont subis dans leur chair. Le Cambodge est un pays a la recente histoire marquee par cette guerre civile et cette periode plus que sombre (2 millions de morts civils estimes entre 1975 et 1979, suivis d une famine et de centaines de morts et de blesses dus aux mines antipersonnel dissseminees dans certaines zones du pays)... Chaque pays que je visite m apprend un peu mieux l histoire et je me plonge dans celle d ici pour mieux comprendre, sentir, savoir.

A Phnom Penh, j ai visite le musee Tuol Sleng, dit musee du genocide. Cet ancien lycee transforme en centre d interrogatoire et de torture par les khmers rouges est aussi connu sous son nom de l epoque : S-21. On estime que 20 000 personnes y sont passes : 7 ont survecu.

Batiments sobres, loin de la didactique et du cote ludique de nos musees occidentaux. Tout est a imaginer, et pour nous europeens impregnes de la Shoah, il faut s affranchir de ce spectre : l enfer peut aussi avoir lieu sous les palmiers, dans une belle matinee ensoleillee. Balustrades couvertes de fil barbele. Agres de gymnastique utilises comme potence. Tombes blanches des 14 corps decomposes decouverts par les soldats vietnamiens a leur arrivee. Salles vides aux carreaux de ciment, murs griffes ou subsistent encore les tableaux noirs, rampes patinees que l on ose a peine toucher. Lits de fer aux sommiers defonces, barres metalliques, entraves couleur sang seche, cellules de bois ou de brique construites a la va vite et par lesquelles on est oblige de penetrer dans d etroits couloirs qui puent l horreur et la mort. Vitrine remplie de vetements poussiereux et miserables. Bidons rouilles, pelles metalliques fendues, barres a mine. Des outils de torture paysans, rustiques, qui font d autant plus fremir. Panneaux couverts de centaines de visages. J y ai releve quelques portraits parmi ceux qui m ont le plus marquee : ce n est pas toujours le temps de rire, en voyage.

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Commentaires
0
Chaque pays a son histoire.<br /> Et chaque histoire a son horreur...
G
Fascinant ton récit ! Je reviens du Vietnam et mon coeur a également été chamboulé ... !! Merci pour ce depaysement !
D
Lu ton texte qui fait écho... <br /> Dans la France tranquille, à la radio, on entend : les habitants de la ville de Phnom Penh sont délogés de chez eux et poussés vers les campagnes. Heure après heure, quartier par quartier, la ville se vide. Les premiers visés ont été les intellectuels, les cambodgiens éduqués, puis les autres, ceux qui avaient des lunettes (à quoi les lunettes peuvent bien servir pour le kmer rouge en folie sinon à être un signe de contre-révolution). Puis la ville devient silencieuse : quelques photos arrivent jusque dans nos médias... Ce n'est pas avant ma naissance dans une histoire livresque c'est en 1975 j'ai 23 ans.<br /> 1992 : massacres de Bosnie, camps et extermination si près de la France. Ce n'est pas de l'histoire ancienne : tu as 9 ans.<br /> Les photos de ceux qui ont souffert et en sont morts sont toujours extrèmement boulversantes. Je l'ai ressenti très fortement à Auschwitz lorsque sur le cadre d'un portrait accroché au mur d'un couloir, parmi tant d'autres, quelqu'un de la famille ou une connaissance avait accroché quelques fleurs comme un lien avec la vie qui renvoyait encore plus fort à l'horreur de cette mort. <br /> C'est bien d'être allée un peu te reposer vers Kampot avant de te faire absorber par la chaleur des ruines d'Angkor.(ne pas oublier la bouteille d'eau - une grande- !!)
M
Tu as raison, l'horreur est partout la même et le soleil dehors la rend sûrement plus insupportable encore.<br /> A Phnom Penh nous avions choisi de ne pas visiter ce musée car le camp de Majdanek en Pologne (camp d'extermination nazi)était encore trop présent à nos mémoires, l'émotion trop forte. Mais ce sont des visites essentielles pourtant, que rien ne remplace, ni un film, ni un récit. Ces lieux vides portent plus qu'aucun autre la mémoire atroce de la démence humaine.<br /> Je vais voir les photos ...
I
qu'elle a dû être dure, cette visite...Et quand on pense que les auteurs de ces horreurs courent toujours pour beaucoup....Remets-toi..mais c'était utile
les carnets de violette
  • Observer, dessiner, écrire, voyager : voilà ce qui anime Violette Gentilleau, artiste polyvalente, curieuse et passionnée diplômée des Arts Décos. Visitez également son site violettegentilleau.com pour visionner plus de projets !
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