Pas facile de trouver des acces internet quand on voyage a velo dans des contrees perdues loin des grands axes, entre montagnes sauvages et petits villages ou toute activite est suspendue entre 13 heures et 17 heures... Pas facile de trouver le temps et l energie de dessiner et d ecrire quand on est perche sur sa selle 6 heures par jour, et que le reste du temps est occupe par de la logistique de bivouac.

Le compteur du velo affiche un peu plus de 500 kilometres, effectues par etapes entre Sorrento et Salerno, puis entre Potenza et Otranto, avec des raccords en train pour les jours diluviens ou les sorties de trop grosses villes. 

La grande histoire de nos vies en ce moment se resume a se lever, avaler the et muesli, plier le bivouac (deux heures) pedaler (du milieu de matinee a la fin d apres midi), chercher un endroit pour dormir ( 1 heure) , monter la tente et deplier les duvets, sortir le butagaz pour les Barilla du sportif, tenter une douche a la tasse si on a assez d eau ( temps total : 2 bonnes heures), s ecrouler et recommencer le lendemain... Ajoutez a ca des habillages et deshabillages intempestifs pour cause d averses et d orages et vous aurez un bon apercu. Ah oui ! Ne pas oublier quelques arrets caffè lungho con latte et une bonne dose de pauses au bord de la route pour s extasier sur le paysage, parce que quand meme, on est pas la que pour faire de la logistique !

On pourra deja dire qu a peine on commencait a bien parler italien, on part deja, que l Albanie, c est pour apres demain, que le printemps italien est plus que pluvieux, que nos mollets et nos cuisses ont double de volume et que leur consistance s approche du beton, que je me suis remise au cafe, qu il est possible de se laver avec 1,5 L d eau, que les velos tiennent le choc et nous aussi (a part cette histoire d overdose de pluie) et que trimballer sa vie dans 4 sacoches, c est une tres belle aventure mais que ce n est pas de tout repos... Nous sommes tour a tour meilleurs grimpeurs, sherpas, cuisiners de l extreme, blanchisseurs, photographes ou mangeurs de gelati : toute une histoire...