Au gré du tri, je suis retombée sur cette participation au concours Daily Fiction qui date de l'an dernier. J'y avais expérimenté un style bien différent de d'habitude, pour voir, pour le plaisir. Ma base de travail était cette photo de Mathieu Raffard, qu'il fallait illustrer d'un court texte dans le style d'Albéric d'Hardivillers (les deux complices auteurs du blog) :

 

concours daily fiction

 

Et ma proposition : " Depuis qu'ils ont vu Billy Elliot chez une voisine, mes deux fils ont quelque peu délaissé le foot. C'est pas que je m'en plaigne, les emmener à l'entraînement du mercredi après-midi commençait à sérieusement me fatiguer, surtout qu'il commence à faire froid et que le chauffage de ma voiture est toujours en panne depuis l'hiver dernier. Et l' entraînement de foot, hé ben c'est pas tout près et il faut que j'attende deux bonnes heures dans le froid pendant que ces messieurs font des tours de terrain en petites foulées, short et dossards fluos au vent, cheveux dans les yeux, buuuuuuuuuut ! Enfin. C'est pas trop grave non plus : ça me fait passer le temps, comme on dit, parce qu'en ce moment, j'ai parfois un petit coup de mou - vite combattu par mes fils d'ailleurs. Enfin donc, voilà, mes fils s'essayent à la danse contemporaine. Et aujourd'hui, ben c'est mercredi et, comme il y a plus foot, ben il y a danse. Voilà. Et danse où, s'il vous plaît ? Sur la plage. Ouais, la plage. Je vous jure. En plein novembre et en T-shirt, pied nus. Normal. Tranquilles, les garçons. Je dis rien, je les laisse faire et je les regarde d'en haut de la falaise depuis ma foutue bagnole avec le chauffage en rade, et eux, ils dansent comme des fous avec leurs T-shirts colorés, ceux qu'ils viennent de s'acheter. Une chorégraphie vraiment incroyable, même si j'y connais pas grand chose. En tous cas, un coup à attraper la crève, je vous le dis : ça sent le tour chez le toubib demain, quelques jours sans collège et des films sous la couette l'après-midi avec un chocolat chaud à quatre heures.

Et puis je lève les yeux, je regarde un peu plus loin que mes fils et que le bout de ma cigarette, je vois les grues à l'horizon et je pense à leur mère. Je me demande si elle a vu Billy Elliot et si elle l'a aimé autant qu'eux."