Ici et Ailleurs
Ca y est, le festival est fini... Pour ma part, je prolonge un peu l'escapade avec quelques jours en Bretagne et une virée dans la Drôme avant de regagner mes pénates toulousaines la semaine prochaine.
Le festival a été intense en rencontres, que ce soit avec les autres artistes, les organisateurs et organisatrices, les bénévoles ou avec le public : une belle overdose d'humanité ! Quelques images en apéro avant de faire le tri de retour chez moi...
Le festival était accueilli par Le Fourneau, centre national des arts de la rue en Bretagne...
Dire que le festival a été fréquenté relève de l'euphémisme !
Et pour prolonger le festival, un peu de lecture ailleurs : une chronique de la poésie du cyber-café ici, et un portrait de quelques exposant-e-s là...
Allez, cette fois-ci, avis aux breton-ne-s (je me fais une espèce de mini-tour de France en juin entre festivals, taf et projets persos)! Je serai le week-end prochain au festival Ici et Ailleurs, à Brest... La programmation est très riche entre expos, projections, concerts, lectures, concerts... Rendez-vous au Fourneau, sur le port, pour ce qui s'annonce comme 3 très belles journées !
Week-end du carnet de voyage de Beaurepaire
Encore un super week-end avec les copains-copines carnettistes et la chouette équipe du Week-end du carnet de voyage de Beaurepaire !
Le Dauphiné Libéré / lundi 27... Ooooh mais qui est cette Pâquerette en salwar-kameez ?
Ben tiens ;) ...
Les enfants étaient comme souvent en festival équipés de petits carnets de dessin à faire remplir par les carnettistes : j'ai donc mis en place le "Troc ton dessin" pour avoir droit, moi aussi, à des dessins de chevaux, de chats aux yeux bleus et de moines thaïlandais !
La p'tite boutique...
Bref, encore deux jours intenses remplis de belles rencontres et de nouvelles envies, avec entre autres :
> Les copains que j'ai eu grand plaisir à retrouver : David Lopez et Matthias Bonneau...
> Les nouvelles connaissances, que j'ai eu grand plaisir à rencontrer : Sabrina Saussol, Lydiane Ferreri, Emdé, Carole Delentre, Sarasvathy Rocchi, Jérémie Bonamant et Claire Poirel, Elodie Lacaze...
Allez, maintenant faut recommencer la vraie vie et préparer les festivals qui arrivent ! Vamonos !
Libé voyages et Beaurepaire
Un peu de bonnes nouvelles pour égayer ces jours pluvieux !
Tout d'abord, je fais à nouveau partie des finalistes du concours Libération Voyages, et c'est une grande joie (mon texte, Bamako Express, à lire ici) ! Ensuite, je pars demain pour le week-end du carnet de voyage de Beaurepaire, auquel j'exposerai pour la première fois le reportage sur Sadhana Forest (à paraître dans le prochain Bouts du Monde)... Ami-e-s drômois-es, rendez-vous là-bas !
Un petit clin d'oeil chez LibéVoyages (mais qui peut donc être cette mystérieuse Pâquerette ? ) en attendant les sélectionné-e-s du concours de cette année...
Mix'art Myrys
Allez, depuis presque un mois que je m'y installe petit à petit, voici enfin quelques images de mon atelier à Mix'Art Myrys !
Vue d'ensemble de l'espace extérieur (espace intérieur : un peu plus de 4000 m2 d'ateliers !). Mon atelier est tout à gauche, au fond de l'esplanade...
... dans cette superbe semi aménagée en espace pour sculpteur et graphistes, toute vitrée, avec terrasse sur pilotis et poêle à bois !
Et voilà mon coin en cours d'aménagement ! Un de ces 4, quelques images pour vous présenter le collectif...
Lo Primtemps de l'Arribèra
Un nouveau carnet de reportage est en route, autour du festival Lo primtemps de l'Arribèra (dont je signe la com depuis 4 ans maintenant...) !
Lucie et Simon, du groupe Xarnege

Thierry et Janmixel, de Kalakan, Joan et Simon de Xarnege
Le trio Verd e Blu
Mutildantza avec Patxi Larralde
Portraits de nuits
Plus que quelques virgules à changer, une ou deux phrases à revoir et ce sera parti pour le concours Libé Voyages... Voici ma contribution pour cette dernière année de participation !
Bamako express
Odeur tenace de poussière, d’huile moteur et de gazole qui imprègne ma peau, mes vêtements et mes cheveux. Tube pop international craché à plein volume par un téléphone portable posé en équilibre sur le tableau de bord mais qui peine à couvrir le vacarme des cylindres et des pistons s'imbriquant les uns dans les autres sans relâche. Mon sweat troué et ma jupe de coton ne parviennent pas à me protéger du froid piquant de cette nuit blanche au goût de sable. Le cache moteur tressautant qui me sert de siège me pile la colonne vertébrale.
Le premier chauffeur gît dans l’abandon de son sommeil sur la couchette dure, dans le fond de la cabine. L’apprenti s’accroche à ses rêves sur le siège de skaï défoncé, et moi, sur mon trône en plastique fendu, je tente de garder les yeux ouverts. Le deuxième conducteur pique du nez derrière son volant depuis un moment déjà : qu'il s’endorme et nous quatre, notre poids lourd Pegasio vert et blanc, les 35 tonnes de ciment et les sacs de sel de contrebande que nous transportons, nous partirons tous dans le décor.
Encore mille kilomètres jusqu'à Bamako. Encore trois nuits, encore deux jours.
De loin en loin, un barrage de branches attachées de guingois nous ralentit, une silhouette surgit en ombre chinoise dans le faisceau de nos phares tremblotants et nous glissons 1000 francs CFA dans nos papiers cornés que nous tendons à des hommes en uniforme voraces. Bakchich. Le contrôle dure le temps que nos billets crasseux changent de main et nous ré-enclenchons la première dans la poussière soulevée par le camion qui nous précède, avec lequel nous faisons équipe. Nous effectuons fréquemment de brusques écarts pour éviter des véhicules à l'arrêt, dévoilés au dernier moment par des tas de feuillages disposés sur la piste et un maigre feu autour duquel sont groupés des hommes enroulés dans des couvertures. Les « Allah u Akbar » peints en arabesques à l'arrière des semi-remorques n'ont pas réussi à empêcherce qui est le lot commun des tas de ferraille roulants que l'Europe envoie finir ici : la panne. Inévitable et imprévisible, chacun fait ce qu'il peut pour la braver à coup d'autocollants de saints sur les pare-brises et de slogans pieux sur les carrosseries. Bismillah ! Crevaison. Les yeux gonflés, mes compagnons de misère partent aider l'autre équipe à changer un pneu qui m'arrive à l'épaule. Équipés de lampes de poche made in China, ils s'éloignent, touchantes et fragiles lucioles trouant la nuit aveugle.
La terre fait soudain place au bitume sans que rien n'explique pourquoi. Nous franchissons un nouveau barrage : anachronisme surgi de nulle part, celui-ci est ultra-moderne, avec guérites de plexiglas, barrières automatiques et néons brutaux. Cent mètres plus loin, a poussé un hameau de gargotes de tôle et de planches couvertes de bâches rapiécées. Les vendeurs dorment sur des bancs de bois lustrés par les dizaines de routiers qui s'y asseyent chaque jour pour engloutir des Nescafé allongés de lait concentré sucré et des sandwichs pain-oeuf-oignon-cube Maggi. Bamako-Dakar, Dakar-Bamako : dix jours de voyage, Inch' Allah ! Le temps de décharger la marchandise, de boire un thé et c'est reparti. Le temps se mesure en aller-retours.
Qu'il fasse 45°C ou que la saison des pluies transforme les chemins en marigots, le troisième plus grand port d'Afrique de l'Ouest alimente le Mali de ce qu'il ne produit pas, autant dire presque tout, via une unique artère nourricière et vitale : celle sur laquelle nous roulons. Y transitent des porte-conteneurs hollandais, des caravanes d' « Au revoir la France », véhicules venant vivre une deuxième vie sur les pistes de Tombouctou, Gao ou Mopti, des chiens galeux chassant de maigres zébus, des taxi-brousse surchargés, les 4x4 de quelques toubabs en goguette et de rares vélos grinçants, sauf la nuit : la nuit, il n'y a que nous. La nuit appartient aux camions et à leurs équipages croisant au long cours dans le bruit, la poussière et le cambouis. La nuit appartient aux hommes.
Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons en pleine brousse. Joues creuses, yeux vides, lèvres sèches, nous nous glissons silencieusement hors de nos habitacles. Un grand plat cabossé est sorti et, accroupis autour entre nos deux monstres de tôle, sans un mot, dans le vacarme des moteurs que l'on a laissé tourner et la clarté vacillante des phares jaunes, nous puisons de nos mains avides les grains rouges et translucides de riz-tomate. Nos visages cernés sont peints de tons fauves et découpés comme des Picasso. A grandes bouchées affamées et pressées, nous engloutissons le tout en quelques minutes puis, sans répit, chacun agrippe le rétroviseur de son engin pour s'y hisser. Départ. Les freins chuintent, les calandres vibrent, les pistons claquent, les accélérateurs tremblent, les courroies couinent. Noyée dans l'encre de la nuit africaine, je ne compte plus les heures.
Nous arrivons enfin à la ville frontalière entre Sénégal et Mali, bourgade pouilleuse recouverte d’une patine de poussière et de crasse, nimbée d’ordures et de déchets. Nous nous garons à l’entrée d’un pont franchissant le lit d'une rivière à sec. Sitôt le moteur coupé, le chauffeur exténué s’écroule sur son volant. Le corps ankylosé, je descends avec raideur de la haute cabine et, les pieds dans les sacs plastique et le sable, me verse avec la bouilloire en plastique commune un peu d’eau tiédasse et fade, au goût de fer et d’huile, sur le visage. L’appel à la première prière retentit dans l’air glacial et seuls quelques coqs matinaux accompagnés d'un chœur d’ânes insomniaques y répondent. Le ciel finit par blanchir, puis se teinte d’un rose délicat ourlé d'un bleu soutenu. Je remonte dans ce qui est mon seul espace familier, me faufile entre un coude osseux et un pied calleux, et sombre immédiatement dans le sommeil.
NB : cette nuit s'est déroulée à l'époque où le Mali était encore un pays en paix, bien loin du contexte politique actuel...
Rendez-vous du carnet de voyage de Clermont-Ferrand
C'est avec grand plaisir que je vous annonce que je suis invitée, cette année encore, aux Rendez-vous du carnet de voyage de Clermont-Ferrand les 15, 16 et 17 novembre 2013. Wooooh yay !!

> Le report 2011 ici !
Portraits d'Ailleurs
Ma boîte aux lettres m'apporte décidément de bien belles choses en ce moment... Hier, mes exemplaires de "Portraits d'Ailleurs" sont enfin arrivés !
illustration : © Pauline Michel
© Malvina Delesalle
© Myriam Kramer et Maud Hainry (Vous reconnaissez cette photo ? Mais ouiiii, c'est mon pote saddhu du tchaï shop qui se retrouve là !)
Les petites mamies birmanes de Steph sont aussi dans la place (ouais, on a décidé de faire toutes nos publications en binôme cette année, on dirait)...
© Célia Héron
"Portraits d'Ailleurs", Riveneuve Editions, 120 pages, 15 euros.



































